Maladies de la surface oculaire et de la cornée

La surface oculaire est constituée de l’ensemble des composants qui assurent l’interface entre l’œil et le milieu extérieur.

La surface oculaire est un milieu fragile dont l’équilibre peut être rompu par toute sorte d’agression….

Il s’agit principalement de :

  • La conjonctive : Une muqueuse qui recouvre le « blanc » de l’œil et la face interne des paupières.
  • La cornée : Le tissu transparent au centre de l’œil par lequel entre la lumière.
  • Les glandes lacrymales : Ces glandes fabriquent la couche aqueuse du film lacrymal
  • Les glandes de Meibomius : Ces glandes, qui sont situées dans le bord des paupières, synthétisent la partie huileuse du film lacrymal.
  • Le film lacrymal : Il permet une hydratation et une lubrification constantes de la surface de l’œil. Le film lacrymal est schématiquement composé de 3 couches :
    – La couche mucinique, fabriquée par les cellules « à mucus » de la conjonctive, permet « l’ancrage » du film lacrymal à la surface de l’œil.
    – La couche aqueuse, fabriquée par les glandes lacrymales
    – La couche lipidique, fabriquée par les glandes de Meibomius (dans les paupières), qui stabilise le film lacrymal et en limite l’évaporation.
^^

Quelles sont les principales maladies de la surface oculaire

La sécheresse oculaire :

La sécheresse oculaire est une maladie très fréquente : elle touche près de 40% de la population après 40 ans. Ce problème est plus fréquent chez les femmes, notamment après la ménopause, mais il peut se développer à tous les âges.
Il s’agit d’une maladie dont les causes sont multiples, et souvent intriquées… Pour simplifier, la sécheresse oculaire peut être liée à une insuffisance de larme (c’est le cas notamment dans certaines maladies auto-immunes comme le syndrome de Sjögren, ou la réaction du greffon contre l’hôte), à un film lacrymal défaillant,notamment lorsque la couche lipidique est anormale, ou une association de ces 2 mécanismes.
La sécheresse oculaire peut être associée à de nombreuses pathologies générales : certaines maladies dermatologiques telles que l’acné rosacée, mais également des maladies auto-immunes comme le syndrome de Goujerot-Sjögren ou réaction du greffon contre l’hôte chez les patients ayant bénéficié d’une allogreffe de moelle osseuse.

Les symptômes de la sécheresse oculaire ne sont pas très spécifiques : le plus souvent, les yeux piquent, brûlent, il peut y avoir une sensation de corps étranger, et une gêne à la lumière.
La sécheresse oculaire est l’un des domaine d’expertise du Service d’Ophtalmologie de Bicêtre. A ce titre, le service est impliqué dans de nombreux protocoles de recherche clinique dans ce domaine, a publié de nombreux articles scientifiques sur le sujet, et dispose des techniques d’investigation les plus à la pointe dans ce domaine.

Les conjonctivites allergiques :

Dans ce cas, il existe une réaction allergique qui se manifeste au niveau de la conjonctive. En général, les conjonctivites allergiques se manifestent par des picotements et des démangeaisons. Dans les formes les plus graves, elles peuvent entraîner une gêne à la lumière (photophobie) et des ulcères de cornée. Il existe plusieurs formes de conjonctivites allergiques. Les principales formes sont :

  • Les conjonctivites allergiques saisonnières : liée à des allergènes saisonniers (pollens le plus souvent)
  • Les conjonctivites allergiques perannuelles, liée à des allergènes présents toute l’année dans l’environnement (acariens notamment)
  • Les kérato-conjonctivites vernales, qui débutent généralement dans l’enfance et évoluent par crise, le plus souvent au printemps. Elles peuvent avoir des conséquences sévères sur la cornée.
  • Les kérato-conjonctivites atopiques, formes souvent sévères, survenant chez des patients souffrant de pathologies allergiques dermtaologiques.

Les infections de la surface oculaire :

Certains micro-organismes peuvent infecter la surface oculaire et notamment la conjonctive et/ou la cornée. Il s’agit le plus souvent de virus, et en particulier des adénovirus qui peuvent causer des épidémies dans les collectivités mais également du virus de l’herpes et du virus de la varicelle et du zona (voir kératites virales). Des bactéries peuvent également être responsables de conjonctivites, voir de kératites. On parle alors d’abcès de la cornée, dont le principal facteur de risque est le non respect des précautions associées au port des lentilles de contact Le service d’ophtalmologie de Bicêtre dispose d’une expertise dans la prise en charge de toutes les infections de la surface oculaire, en particulier des infections virales (voir kératites virales).

^^

Comment se déroule une consultation dédiée à la prise en charge des maladies de la surface oculaire :

Au cours d’une consultation spécialisée dans les maladies de la surface oculaire, vous aurez tout d’abord un interrogatoire sur votre mode de vie et les facteurs de risque de sécheresse oculaire, puis les symptômes et leur retentissement sur le quotidien seront évalués à l’aide de questionnaires spécifiques. Après l’examen de vue, vous pourrez avoir des examens spécifiques de la surface oculaire, avec notamment :

  • Mesure de la quantité de larme produite en 5 minutes à l’aide d’un buvard gradué (test de Schirmer).
  • Analyse de la surface oculaire à l’aide d’instillation de collyres colorés (fluorescéine), et dans certains cas, imagerie de la surface oculaire (film 1)
  • Analyse des paupières (clignements et occlusion des paupières) (film 2)
  • Prélèvement de larme ou écouvillons dans le cadre des pathologies infectieuses.
^^

Praticiens spécialisés dans les maladies de la surface oculaire

MARC-LABETOULLE
Pr. Marc Labetoulle
PU-PH
ROUSSEAU-PHOTO-PRO-2018
Dr. Antoine Rousseau
MCU-PH
BEN-HADJ-SALAH-PHOTO-PRO-2018
Dr Wassim Ben Hadj Salah
Contactologie pour les maladie de la surface oculaire
^^

Publications du service dans le domaine des maladies de la surface oculaire

TypeNomDate de modification

mp4
Film 1 09/01/2019 9 h 33 min

mp4
Film 2 09/01/2019 9 h 33 min
^^

Les pathologies de la cornée

La cornée est un tissu transparent, avasculaire, richement innervé situé à l’avant de l’œil. Elle est constituée de plusieurs couches permettant d’assurer son anatomie et sa fonction . On distingue d’avant en arrière : l’épithélium cornéen et sa membrane basale, la couche de Bowman, le stroma cornéen, et l’endothélium cornéen. Les pathologies de la cornée peuvent avoir un impact important sur la vision et la qualité de vie.

Il existe une multitude d’affections pouvant atteindre la cornée et dans, certains cas, altérer la vision:

La dystrophie de Fuchs :il s’agit d’une pathologie héréditaire au cours de laquelle les cellules endothéliales, qui sont les cellules cornéennes assurant la transparence cornéenne en éliminant l’eau entrant dans la cornée, meurent prématurément. Ceci a pour conséquence d’entraîner un œdème cornéen à l’origine d’une baisse d’acuité visuelle et de douleurs oculaires invalidantes. Cette symptomatologie peut survenir spontanément ou être précipitée suite à une chirurgie de la cataracte.

Les kératites infectieuses :qu’elles soient virales , bactériennes ou mycotiques les infections cornéennes peuvent dans certains cas graves engager le pronostic visuel. Elles peuvent survenir spontanément (kératites herpétiques par exemple) ou être secondaire à des facteurs favorisants (abcès de cornée mauvaise hygiène lors du port de lentille souple, traumatisme oculaire..). Une taie cornéenne diminuant l’acuité visuelle peut faire pousser l’indication à une greffe de cornée.

Le kératocône est une dystrophie cornéenne stromale multifactorielle,acquise. Maladie du sujet jeune, elle consiste en une déformation de la cornée le plus souvent bilatérale et irréversible. Elle est aggravée par les frottements oculaires et peut être à l’origine de baisse d’acuité visuelle parfois sévère. Différentes techniques sont actuellement disponibles actuellement afin d’améliorer l’acuité visuelle chez les patients (lentilles rigides, anneau intracornéens, voire greffe de cornée) et de permettre de stabiliser la maladie (arrêt du frottement oculaire, traitement d’une éventuelle allergie oculaire, cross linking).

Le ptérygion est une hypertrophie bénigne de la conjonctive oculaire qui peut empiéter sur la cornée. Cette affection bénigne est favorisée par l’origine ethnique et l’exposition au soleil. Elle peut entraîner un préjudice esthétique voire visuel (par un astigmatisme induit ou en obstruant l’axe visuel). Un traitement chirurgical peut permettre de réséquer cette excroissance qui peut dans certains cas récidiver.

^^

Les greffes de cornées

Il existe différents types de greffe de cornée dont l’indication varie en fonction de la localisation de l’atteinte cornéenne. Il s’agit d’une chirurgie nécessitant une hospitalisation et un suivi long et régulier.

La greffe de cornée transfixiante : toute l’épaisseur de la cornée du patient est remplacée afin de pouvoir assurer au patient une récupération visuelle

Les greffes de cornée lamellaires consistent à ne remplacer qu’une partie de la cornée en conservant une partie de celle du patient afin de diminuer le risque de rejet et d’améliorer le pronostic visuel. On peut ne remplacer que le stroma et laisser en place l’endothélium ou ne remplacer que l’endothélium et laisser en place le stroma du patient.

Toute greffe nécessite un traitement immunosuppresseur locale par corticoïdes en goutte et peut comme toute greffe faire l’objet d’un rejet (réaction du système immunitaire du patient receveur contre la cornée venant d’un autre patient).

La greffe nécessite donc un suivi rapproché et long afin d’en contrôler la bonne évolution.

La greffe de cornée transfixiante : toute l’épaisseur de la cornée du patient est remplacée afin de pouvoir assurer au patient une récupération visuelle

Aller au contenu principal